Bonjour, je suis très heureux d’être là et je remercie les organisateurs de cette conférence de m’avoir donné cette occasion de vous présenter un tout petit peu Velvet, qui est le premier nouvel opérateur de trains à grande vitesse en France et notamment dans l’Ouest de la France, sur la façade Atlantique. Je suis très heureux également d’être à Rennes, qui est une ville magnifique et une de nos premières destinations.
Quelques mots pour nous présenter. Avec mon associée Rachel Picard, que vous voyez avec moi sur la photo, on est deux à avoir lancé ce projet. C’est l’ancienne directrice du TGV à la SNCF, fondatrice de sncf-connect.com, elle a un très grand parcours et surtout une très grande compétence dans le marketing, le digital, le voyage et le transport ferroviaire. Donc je suis heureux et j’ai de la chance de travailler avec elle.
Pour ma part, j’ai passé cinq ans à Toulouse — je ne sais pas si c’est l’Atlantique… mais presque — pour travailler pour un constructeur d’avions assez connu. Ensuite, je suis passé au rail. J’ai créé le premier loueur de trains en Europe. J’avais d’ailleurs Transdev comme premier client, donc je suis très content de voir Monsieur Mallet. J’ai travaillé pour la RATP, pour Eurostar. Donc j’ai passé 25 ans dans le ferroviaire, à monter des projets, à acheter des trains, à financer des choses.
Nous avons un troisième associé que je ne voudrais pas oublier, c’est notre partenaire financier, qui est un grand fonds français d’infrastructure, Antin Infrastructure Partners. Ce sont des gens qui nous apportent de l’argent, on va en parler, mais aussi un vrai soutien professionnel. Donc on est très content de travailler avec eux.
Ce qui nous réunit, ce sont des parcours complémentaires dans le ferroviaire : Rachel beaucoup plus dans la partie client finale, moi plus dans la partie industrielle et opérationnelle. Nous avons une volonté partagée de jouer un rôle clé dans le développement du marché ferroviaire français, et d’être un peu un des précurseurs de l’ouverture du marché qui était annoncée politiquement il y a 5 ans à peu près.
1 Pourquoi lancer un nouvel opérateur de train à grande vitesse ?
Le premier point, cela rejoint un peu les thématiques qu’on a entendues ce matin, est qu’il y a une pénurie d’offre. Il y a actuellement environ 15% de demandes non satisfaites sur les lignes que nous allons desservir. C’est-à-dire 15% des gens qui restent à quai, dans le jargon de notre milieu, faute de place. Je pense que si vous avez tous pris des trains cet été, vous avez constaté que les trains sont bondés. Ce pourcentage de demandes insatisfaites est prévu mécaniquement de grimper aux alentours de 25% en 2030. On est donc sur une tendance qui ne va pas dans le bon sens pour les voyageurs et pour l’environnement.
Le deuxième point, c’est que nous avons une conviction personnelle sur la nécessité de verdir le transport. On peut débattre : est-ce qu’il vaut mieux mettre sa tente dans un camping ou dans un champ ? J’ai entendu le débat ce matin. Ce que je peux vous dire, c’est que notre vrai concurrent à nous, c’est la voiture. Il y a environ 85% des déplacements en France qui se font en voiture. Il y a un problème de place dans les trains. Donc nous ne sommes pas des gens très sophistiqués. Nous disons simplement que si on met plus d’offres sur les rails, il y aura moins de demandes dans les trains. C’est bon pour l’environnement. C’est aussi tout à fait en ligne avec la politique d’investissement de notre partenaire financier Antin, qui déploie ses capitaux pour des projets qui sont bénéfiques, évidemment financièrement, mais aussi pour la société.
Troisième chose, on en a parlé aussi un petit peu ce matin, il y a des changements sociétaux qui ont été clairement accélérés par le Covid. J’entendais tout à l’heure des débats sur quand est-ce qu’une résidence secondaire est une résidence secondaire, une résidence principale, quand est-ce qu’on a deux résidences, si on est un télétravailleur… Il y a des étudiants qui font des allers-retours. Il y a des retraités en France. Je ne veux pas trop parler des retraites en France, c’est un peu dangereux. Mais il y a beaucoup de gens, que ce soit des jeunes ou des un peu moins jeunes, qui voyagent de plus en plus. Donc il faut les satisfaire, en lien avec les modes de travail. Les Français aiment le train. Ils sont fiers du train. Ils aiment le train et nous aussi. Et donc on considère qu’on est dans le bon timing pour mobiliser les capitaux pour améliorer la mobilité.
En résumé, nous allons mobiliser des capitaux pour investir dans les mobilités, parce qu’il y a un problème de manque d’offre actuellement en France. Il y a un manque de trains et l’État ne peut pas tout faire.
2 Pourquoi la façade Atlantique ?
Pourquoi est-ce qu’on vise maintenant l’Ouest de la France, la façade Atlantique ? Et je dis cela…même lorsque je ne suis pas à Rennes. On est fanatiques de cette région, donc merci pour l’invitation.
Premier point, vous le savez je pense, c’est que c’est la zone de France, hormis la région parisienne, qui a la plus forte croissance démographique et économique. Et ce n’est pas très compliqué si vous êtes dans notre métier. La croissance du volume de passagers dans le ferroviaire est très liée au PIB et à la démographie. Donc là où il y a plus de croissance démographique et économique, mécaniquement il y a plus de croissance de demande dans les trains.
Ensuite, on a ici dans l’Ouest de la France un très joli équilibre entre le trafic professionnel (donc des gens qui habitent à Rennes et qui doivent aller à Réunion ou à Paris, des Bordelais qui télétravaillent à Paris deux jours par semaine) et un trafic loisir du fait de l’attractivité dont on a parlé tout à l’heure dans le forum précédent. Et on a aussi un équilibre entre le trafic Paris vers la province, mais aussi de Rennes, Angers et Bordeaux, vers Paris. Nous ne sommes pas là juste pour amener des Parisiens pour le week-end sur la Côte Ouest, nous avons également vocation à nous enraciner dans l’Ouest et à aider l’action économique de l’Ouest de la France.
Enfin, il y a ici des infrastructures de qualité. Ceux parmi vous qui sont amateurs de train savent qu’il y a des LGV très récentes vers Bordeaux et vers Rennes notamment. Ce sont des infrastructures récentes, de qualité, qui ne sont pas saturées.
Nous allons proposer, sur ces trois axes que vous voyez là, 10 millions de places supplémentaires par an, ce qui représentera une offre assez conséquente assez conséquente une fois que l’on aura lancé ces lignes.
3 Le rideau s’ouvre…
Quelques mots peut-être pour vous donner une idée d’où nous en sommes. Nous avons passé trois ans “ derrière le rideau ” pour préparer ce projet. C’est ce que j’appelle la phase financière. On a commencé avec beaucoup d’études du marché, des tendances, des préférences des passagers, de notre positionnement, pour élaborer un modèle financier qui tienne la route. Et on s’est servi de cela pour lever les capitaux. Nous avons levé au total un milliard d’euros, sur la base d’un projet que nous estimons viable. C’est à peu près le ticket pour être un acteur sur ce marché qui est très intensif en capitaux.
Avec cela, nous avons acheté 12 rames de la dernière génération d’Alstom, des Avelia Horizon. Et nous avons également un accord avec Lisea qui est le gestionnaire de la ligne à grande vitesse entre Tours et Bordeaux, pour utiliser, sur une durée très longue, un atelier de maintenance situé entre Bordeaux et Arcachon. Donc nous avons vraiment une forte implantation. Tout cela est à présent derrière nous.
Nous sommes maintenant dans la phase industrielle. Les trains sont en construction.
Vous les voyez là, à gauche, à La Rochelle. L’atelier de maintenance, qui est à Marcheprime, à côté de Pessac, est en construction. Ce n’est pas une vraie photo. Mais croyez-moi, j’y étais récemment, le chantier est en cours, donc ce n’est plus un projet “ papier ”.
Nous allons faire des essais statiques l’année prochaine. Des essais dynamiques – ça veut dire le train qui roule, en 2027. Et nous allons lancer nos trains en service commercial en 2028. Donc cela fait trois ans et trois ans.
Après, nous aurons des décennies d’exploitation… et d’autres projets que je ne vais pas vous dévoiler aujourd’hui. Mais croyez-moi, c’est le début d’une très belle aventure dans l’Ouest de la France. C’est un projet concret et professionnel.
En conclusion, Velvet, dont je suis un des fondateurs et que je suis heureux de vous présenter, déploie son capital et ses trains là où on peut avoir un maximum d’impact. Donc nous avons sciemment visé des marchés où il y a un vrai problème d’absence d’offre. C’est là que nous plaçons nos efforts, notre argent et nos trains. Et cela veut dire concrètement que nous visons les grandes métropoles de l’Ouest de la France comme Rennes, Bordeaux, Nantes et Angers.
Nous n’offrons pas juste la capacité, mais aussi un choix. Je pense que nous allons avoir une offre intéressante, et surtout, complémentaire à l’offre existante de la SNCF.
Nous allons aussi, ce qui est intéressant pour les infrastructures du littoral, en lien avec l’intitulé de cette table ronde, verser plus de 200 millions d’euros par an à la SNCF pour l’utilisation des rails. Je ne peux pas résoudre les problèmes budgétaires de la France personnellement, mais nous pouvons faire une petite contribution à la résolution des problèmes budgétaires de la SNCF, parce que nous allons lui verser beaucoup, beaucoup d’argent tous les ans pour l’utilisation des infrastructures ferroviaires. Sur la durée de vie de nos premiers trains et de ces 12 rames, on parle de 5 ou 6 milliards d’euros.
Juste un dernier mot sur l’enracinement territorial. Nous allons créer, ici dans l’Ouest de la France, environ 300 emplois, pas tous à Rennes, certains à Bordeaux, et Nantes, évidemment. Et dans l’atelier de maintenance, il y aura une centaine d’emplois créés aussi.
Donc, juste pour la première phase du projet, et je vous promets que c’est la première, mais pas la dernière, nous allons investir un milliard, 400 emplois, et une desserte de l’Ouest de la France à partir de 2028.
Je vous remercie beaucoup.
Réutilisation
Citation
@inproceedings{jackson2025,
author = {Jackson, Timothy},
publisher = {Sciences Po Rennes \& Villes Vivantes},
title = {Relier la côte ouest},
date = {2025-09-19},
url = {https://papers.organiccities.co/relier-la-cote-ouest.html},
langid = {fr}
}